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Les Échos du 18/3/24 : François Carayol roule sa brosse dans l'industrie - Portrait

19 mars 2024 Membre
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Passé par Arthur Andersen ou Canal+, ce fils et petit-fils d'entrepreneurs est l'un des repreneurs de La Brosse et Dupont, qui, après les balais, les serpillères et les pinces à épiler, veut investir le maquillage, avec Miss Den : https://www.lesechos.fr/industrie-services/conso-distribution/francois-carayol-roule-sa-brosse-dans-lindustrie-2083207

François se dit « déterminé ». Le PDG de La Brosse et Dupont l'a prouvé. On lui doit la renaissance de ce groupe de 195 M€ de chiffre d'affaires, spécialisé dans les biens de consommation non alimentaires. Depuis les ciseaux jusqu'aux balais, en passant par les pinces à épiler.

Alors qu'industriels et distributeurs viennent de boucler leurs négociations fin janvier, l'homme de 61 ans ne boude pas sa satisfaction d'avoir ajouté Carrefour à la liste des enseignes commercialisant Miss Den, sa marque de maquillage écoulée uniquement en grandes et moyennes surfaces. « Nous sommes troisièmes en parts de marché, derrière Maybelline et L'Oréal Paris, et nous progressons significativement », assure le dirigeant à la faconde teintée d'accent du Sud-Ouest.

Sa maison « au clou »

Pourtant, le chemin de La Brosse et Dupont, qu'il dirige depuis vingt ans, n'a pas été linéaire. Créée à Beauvais en 1845, sous la forme d'un fabricant de brosses à dents, l'entreprise est tombée dans le giron d'Unilever, puis de LVMH. Bien que ce dernier détienne un tiers du capital, le reste est aux mains des anciens cadres dirigeants qui ont repris l'entreprise en 2010. Une opération que François Carayol a pour sa part financée en t« mettan [s]a maison au clou » à titre de garantie bancaire.

Depuis lors, celui qui se dit « moins un créateur qu'un redresseur » a patiemment « restructuré, réorganisé et remis en marche » ce groupe comptant aujourd'hui quatre unités commerciales. Ce dans l'entretien de la maison, l'hygiène-beauté, la coiffure et la mercerie. Soit dix-huit marques, pour la plupart détenues en propre, tels les accessoires de nettoyage Eléphant, les soins Steripan ou encore les accessoires pour cheveux Glamour Paris.

Le « rêve de sa vie »

S'y ajoutent des licences de marque, comme pour les brosses et peignes Dessange, ou les semelles et lacets de chaussures Baranne. Ainsi que des contrats de distribution exclusive, notamment avec le spécialiste des éponges et serpillières Vileda. Résultat : 10.000 références présentes dans une trentaine de pays. Et plus de 900 salariés répartis entre une usine et deux sites logistiques sis dans l'Oise, un siège social en Seine-Saint-Denis, et des entités commerciales en Belgique, en Espagne, au Portugal et en Pologne, son deuxième marché.

« Nous gérons une multitude de microflux, avec des gammes aux niveaux de prix et de qualité différents », résume ce père de quatre garçons, en soulignant que « l'entrepreneuriat est le rêve de [s]a vie ». Né à Mazamet, dans le Tarn, ce cadet de deux enfants a quasiment grandi dans la mégisserie fondée par son grand-père. « J'y ai même travaillé lorsque j'étais adolescent, pour m'offrir une Mobylette », se souvient celui qui fut bachelier à 16 ans. Jugé alors trop jeune pour intégrer une classe préparatoire, il passe une année dans une ferme du Minnesota « afin d'apprendre la vie et l'anglais ».

Frégates à Taïwan

Ce sera ensuite HEC, avec des stages chez Socopa, comme livreur de viande, puis dans une banque sud-africaine, à Johannesburg. Avant de se lancer dans une carrière éloignée de ses activités actuelles. Passé par Arthur Andersen, il rejoint ensuite Thomson-CSF. De quoi contribuer à la « livraison de frégates à Taïwan », glisse-t-il, en précisant n'avoir « aucune implication dans la signature » de ce sulfureux contrat d'armement.

Suivra Canal+, où il sera directeur général délégué de la distribution. Jusqu'à ce que LVMH l'embauche pour sortir de la panade La Brosse et Dupont. « Quelle que soit la difficulté, François reste pragmatique et humain », juge Patrick Sauvage, l'un de ses associés à La Brosse et Dupont. Il souligne en outre « sa capacité à déléguer : il essaie de rendre les collaborateurs les plus autonomes possible ».

L'intéressé, lui, se décrit comme « meilleur défenseur qu'attaquant ». Rien que de très normal pour cet ancien arrière de rugby, sport qui lui a valu plusieurs clavicules luxées. Aujourd'hui converti au vélo, il entend rouler droit. Notamment pour « installer durablement La Brosse et Dupont chez les distributeurs ».

Julie Le Bolzer




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